Deux montagnes meutrières - Les 2 villes avant - et après la catastrophe




de l'Italie à la Martinique, l'histoire se répète

Le Vésuve est un volcan actif de 1 277 mètres de hauteur, à 8 km au sud-est de Naples en Italie.

Le 24 août de l'an 79 après J.-C., le Vésuve se réveille subitement et cause l'anéantissement des villes d'Herculanum, Pompéi et Stabies.

La ville de Pompéi avait été fondée au VIe siècle avant J.-C. et n'était une colonie romaine que depuis dix ans lorsqu'elle a été détruite.
Les restes de la ville furent retrouvés au XVIIIe siècle. Remarquablement conservée sous la lave et la cendre, Pompéi nous apprend beaucoup sur la société romaine qu'elle abrita.

 

La Montagne Pelée est un volcan actif de 1 372 mètres de hauteur. Son massif constitue la partie Nord de l'île de la Martinique. Il a la forme d'un cône assez régulier dont le diamètre de base varie de 11 à 15 km.

Après avoir donné des signes d'activité volcanique croissant, la Montagne Pelée explosa violemment le 8 mai 1902, détruisant la ville de Saint-Pierre.

Il y eut près de 30 000 morts et seulement deux survivants parmi les gens qui se trouvaient dans la ville au moment de la catastrophe.

Le Vésuve à Pompéi

La Montagne Pelée vue de Morne-Rouge
(
par temps exceptionnel !)

 

 

Regards sur deux catastrophes similaires

Le Vésuve fut le premier volcan à être observé de manière scientifique grâce aux deux lettres que Pline
le Jeune ( 66-v. 114) adressa à Tacite pour décrire l'éruption qui avait anéanti les villes de Pompéi et d'Herculanum en 79.

Ses observations marquent le début de la volcanologie : à partir de ce moment-là différents types d'éruptions ont été distingués : les éruptions pliniennes , sub-pliniennes (du nom de l'écrivain) et stromboliennes (du nom du volcan Stromboli en Italie).

Pline le Jeune écrivit 
en 79 ap. J.-C.:

   Praeterea mare in se resorberi et tremore terrae quasi repelli videbamus. Certe processerat litus multaque animalia maris siccis harenis detinebat. 

   En outre, nous voyions la mer refoulée et comme repoussée par le tremblement de terre. En tout cas, le rivage avait gagné du terrain et de nombreux animaux marins s'y trouvaient pris, gisant à sec sur le sable.




Ab altero latere nubes atra et horrenda ignei spiritus tortis vibratisque discursibus rupta in longas flammarum figuras dehiscebat ; fulguribus illae et similes et majores erant.

   De l'autre côté, une nuée noire et horrible, déchirée par des souffles de feu dont les tressaillements sinueux couraient dans tous les sens, s'ouvrait pour laisser voir des sortes de flammes immenses ; ces flammes ressemblaient à des éclairs, tout en étant plus grandes.

 

"Eruption du Vésuve de 1794" 
Gouache de Saverio Della Gatta (1777-1827)


  
Jam dies alibi,  illic nox omnibus noctibus nigrior densiorque ; quam tamen faces multae variaque lumina solabantur. Placuit egredi in litus et ex proximo adspicere, ecquid jam mare admitteret ; quod adhuc vastum et adversum  permanebat.

   Déjà le jour était levé partout, mais autour d'eux, une nuit plus épaisse que toute autre nuit et qu'atténuaient pourtant une foule de feux et des lumières de toute sorte. On résolut d'aller sur le rivage et de voir de près s'il était maintenant possible de prendre la mer ; mais elle était encore grosse et redoutable. 

 



"Eruzione del Vesuvio del 12 agosto 1805"
Gouache anonyme (1805)





   ... Deinde flammae flammarumque praenuntius odor sulfuris et alios  in fugam vertunt et excitant illum... Ego colligo, crassiore caligine spiritu obstructo clausoque stomacho,...

    ... Ensuite les flammes et l'odeur de soufre qui les annonçait, font fuir ses compagnons* et le réveillent... Je suppose que l'air épaissi par la cendre avait obstrué sa respiration et fermé son larynx...

* Les compagnons de Pline l'Ancien, oncle de Pline le Jeune, mort d'asphyxie lors de l'éruption de 79

 

Éruption du Vésuve
Peinture du XIXe siècle

Journaux de témoins

  

 

 


  En même temps, il s'est produit un retrait de la mer d'environ deux mètres au-dessous du niveau normal. Ce mouvement de reflux et de flux s'est produit cinq ou six fois en diminuant d'intensité.

Lieutenant de vaisseau J.-E. Allemand,
C commandant l'Arsenal de la Défense fixe de Fort-de-France,
Lettre à Monsieur le Ministre de la Marine

 




   ... Brusquement, l'ingénieur M. Gégou attire notre attention sur deux éclairs comparables à des étincelles, éclairs gigantesques, très longs, qui sillonnaient l'atmosphère, se dirigeant du sommet de la Montagne vers la baie de Saint-Pierre. Nos regards sondent la masse sombre. Vers l'Est, nous distinguons un feu...

Emile Berté, Journal

 

   Le phénomène a été foudroyant et peut être comparé à ce qui aurait été produit par un gigantesque canon pointé sur la ville de Saint-Pierre et lançant avec une violence inouïe des matières enflammées...

Capitaine de Frégate P. Le Bris, commandant le Suchet,
Lettre à Monsieur le Ministre de la Marine






Éruption de la Montagne Pelée




  
La côte était invisible, cachée à nos yeux par une épaisse couche de cendre... Un courant formidable entraîna le navire dans la direction du Nord, courant absolument inconnu dans ces régions et inexplicable. L'hypothèse la plus admissible semble qu'un gouffre s'est produit dans le fond de l'océan, et que les eaux se précipitent en masse dans ce conduit nouveau.

 


   Un épais rideau de cendre s'abaissa et nous fûmes dans le noir, obligés de ralentir la marche du navire... En effet, par babord-avant, on voyait un bouillonnement comparable au remous produit par la mer déferlant sur une tête de rocher. Et là, le remous s'étendait, entourait bientôt le Pouyer-Quertier, des trois-quarts de circonférence. Des bandes de marsouins effrayés nous précédaient dans notre fuite.

Emile Berté, Journal,


Peinture d'Andrieux parue dans "Le Petit Parisien"
représentant l'éruption de la Pelée
inspiréee de la lettre où Pline le Jeune
décrit à Tacite l'éruption du Vésuve


L'eau du lac contient une grande quantité de gaz, parmi lesquels semblent dominer les gaz sulfureux et méphitiques. ... Je perçois distinctement une odeur de bourbier.

Eugène Berté,
Récit de l'expédition avec MM. Boulin, Waddy, Descors

 

   ... une épaisse couche de cendre qui pénétrait partout, nous suffoquait tous...

   ...La cendre nous aveugle et nous fait tousser.

Emile Berté, op. cit.

 

 

Le cas de l'Orsolina

Lors de l'éruption de 1902 qui fit 28 000 morts et deux survivants, un bateau réussit à échapper à la terrible catastrophe. Voici l'histoire particulière du bâtiment italien Orsolina :

 "Selon les règlements portuaires, il était interdit de lever l'ancre sans autorisation. La veille de la catastrophe, le 7 mai, un homme pourtant, le capitaine Ferrata, Commandant de l'Orsolina, décida de s'en aller. Son navire était déjà couvert de cendres. Connaissant bien les colères d'un autre volcan, le Vésuve, ce qu'il voit l'alerte. Les douanes refusent de le laisser partir et le menacent de  lourdes sanctions s'il lève l'ancre sans autorisation. Il les quitte en leur disant : "Qui me les appliquera ? Demain, vous serez tous morts ! "

Son bateau sera le seul rescapé de tous ceux qui se trouvaient en rade.