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Pline
le Jeune écrivit
en 79 ap. J.-C.:
Praeterea
mare in se resorberi et tremore terrae quasi repelli videbamus.
Certe processerat litus multaque animalia maris siccis harenis
detinebat.
En
outre, nous voyions la mer refoulée et comme repoussée par le
tremblement de terre. En tout cas, le rivage avait gagné du terrain
et de nombreux animaux marins s'y trouvaient pris, gisant à sec
sur le sable.
Ab altero
latere nubes atra et horrenda ignei spiritus tortis vibratisque
discursibus rupta in longas flammarum figuras dehiscebat ; fulguribus
illae et similes et majores erant.
De
l'autre côté, une nuée noire et horrible, déchirée par des souffles
de feu dont les tressaillements sinueux couraient dans tous les
sens, s'ouvrait pour laisser voir des sortes de flammes immenses
; ces flammes ressemblaient à des éclairs, tout en étant plus
grandes.
"Eruption
du Vésuve de 1794"
Gouache de Saverio Della Gatta (1777-1827)
Jam dies alibi, illic nox omnibus noctibus nigrior densiorque
; quam tamen faces multae variaque lumina solabantur. Placuit
egredi in litus et ex proximo adspicere, ecquid jam mare admitteret
; quod adhuc vastum et adversum permanebat.
Déjà le jour était levé partout, mais autour d'eux, une nuit plus
épaisse que toute autre nuit et qu'atténuaient pourtant une foule
de feux et des lumières de toute sorte. On résolut d'aller sur
le rivage et de voir de près s'il était maintenant possible de
prendre la mer ; mais elle était encore grosse et redoutable.
"Eruzione
del Vesuvio del 12 agosto 1805"
Gouache anonyme (1805)
... Deinde flammae flammarumque praenuntius odor sulfuris et alios
in fugam vertunt et excitant illum... Ego colligo, crassiore caligine
spiritu obstructo clausoque stomacho,...
... Ensuite les flammes et l'odeur de soufre qui les annonçait,
font fuir ses compagnons* et le réveillent...
Je suppose que l'air épaissi par la cendre avait obstrué sa respiration
et fermé son larynx...
* Les
compagnons de Pline l'Ancien, oncle de Pline le Jeune, mort d'asphyxie
lors de l'éruption de 79

Éruption
du Vésuve
Peinture du XIXe siècle
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Journaux
de témoins
En
même temps, il s'est produit un retrait de la mer d'environ deux
mètres au-dessous du niveau normal. Ce mouvement de reflux et
de flux s'est produit cinq ou six fois en diminuant d'intensité.
Lieutenant
de vaisseau J.-E. Allemand,
C commandant l'Arsenal de la Défense fixe de Fort-de-France,
Lettre à Monsieur le Ministre de la Marine
...
Brusquement, l'ingénieur M. Gégou attire notre attention sur deux
éclairs comparables à des étincelles, éclairs gigantesques, très
longs, qui sillonnaient l'atmosphère, se dirigeant du sommet de
la Montagne vers la baie de Saint-Pierre. Nos regards sondent
la masse sombre. Vers l'Est, nous distinguons un feu...
Emile
Berté, Journal
Le phénomène a été foudroyant et peut être
comparé à ce qui aurait été produit par un gigantesque canon pointé
sur la ville de Saint-Pierre et lançant avec une violence inouïe
des matières enflammées...
Capitaine
de Frégate P. Le Bris, commandant le Suchet,
Lettre à Monsieur le Ministre de la Marine

Éruption de la Montagne Pelée
La
côte était invisible, cachée à nos yeux par une épaisse couche
de cendre... Un courant formidable entraîna le navire dans la
direction du Nord, courant absolument inconnu dans ces régions
et inexplicable. L'hypothèse la plus admissible semble qu'un gouffre
s'est produit dans le fond de l'océan, et que les eaux se précipitent
en masse dans ce conduit nouveau.
Un épais rideau de
cendre s'abaissa et nous fûmes dans le noir, obligés de ralentir
la marche du navire... En effet, par babord-avant, on voyait un
bouillonnement comparable au remous produit par la mer déferlant
sur une tête de rocher. Et là, le remous s'étendait, entourait
bientôt le Pouyer-Quertier, des trois-quarts de circonférence.
Des bandes de marsouins effrayés nous précédaient dans notre fuite.
Emile
Berté, Journal,

Peinture
d'Andrieux parue dans "Le Petit Parisien"
représentant l'éruption de la Pelée
inspiréee de la lettre où Pline le Jeune
décrit à Tacite l'éruption du Vésuve
L'eau du lac contient une grande quantité de gaz, parmi lesquels
semblent dominer les gaz sulfureux et méphitiques. ... Je perçois
distinctement une odeur de bourbier.
Eugène
Berté,
Récit de l'expédition avec MM. Boulin, Waddy, Descors
...
une épaisse couche de cendre qui pénétrait partout, nous suffoquait
tous...
...La cendre nous aveugle et nous fait tousser.
Emile
Berté, op. cit.
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